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Un budget de 317 millions
pour la culture au Québec

Augmentation significative du financement du Conseil des arts et des lettres

Par Andrew Burlone

25 mars 2025

Le gouvernement du Québec a annoncé une augmentation significative du financement pour le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dans son budget 2025-2026, ce qui permettra au CALQ d’augmenter le financement de ses programmes à 200 millions par année entre 2025 et 2028, et de mieux soutenir les artistes, les projets culturels et le rayonnement de la culture québécoise, tant au niveau régional qu’international.

Le Conseil des arts et des lettres du Québec pourra augmenter le financement de ses programmes à 200 millions par année entre 2025 et 2028.

Cette décision répond aux demandes du Front commun pour les arts, qui réclamait une enveloppe permanente de 200 millions pour le CALQ. L’augmentation du budget vise à soutenir la culture québécoise dans un contexte économique difficile et à répondre aux préoccupations exprimées par de nombreux artistes concernant le sous-financement du secteur culturel. Le ministre des Finances, Éric Girard, a réitéré sa confiance envers le CALQ et la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) pour canaliser les ressources vers le milieu de la culture.

Le Front commun pour les arts

Le Front commun pour les arts, regroupant 17 organismes culturels québécois, a longtemps plaidé pour une augmentation significative du financement du CALQ. Cette demande est motivée par plusieurs arguments, dont le principal est la prévention de la dévitalisation culturelle.

Le sous-financement actuel du secteur culturel québécois entraîne des conséquences préoccupantes. Parmi celles-ci, on note la suspension de projets artistiques, une diminution du soutien aux artistes de la relève et une réduction du rayonnement international de la culture québécoise. Ces effets négatifs se manifestent dans toutes les régions du Québec, où des organismes sont contraints de réduire leur programmation faute de moyens financiers suffisants.

Cette situation menace directement la diversité et la qualité de l’offre culturelle au Québec. Sans un financement adéquat, le risque est grand de voir s’éroder un écosystème artistique qui a fait la fierté du Québec au cours des années. Le Front commun souligne l’urgence d’agir pour préserver la vitalité et la richesse de l’identité culturelle québécoise.

‘Sans un financement adéquat, le risque est grand de voir s’éroder un écosystème artistique qui a fait la fierté du Québec au cours des années.’

Le Front commun souligne également l’importance de maintenir une offre culturelle riche et accessible à tous. Sans financement adéquat, il y aurait moins de spectacles et d’expositions, une augmentation des coûts des billets, et une diminution des tournées, affectant particulièrement l’offre culturelle dans les régions du Québec. De plus, le manque de financement menace de dégrader davantage les conditions de travail déjà précaires de milliers d’artistes et de travailleurs culturels. Cela pourrait entraîner une fuite des talents vers d’autres régions ou pays offrant de meilleures conditions.

Enfin, le Front commun met en avant l’impact économique et identitaire de la culture. Le secteur culturel est économiquement profitable pour l’ensemble de la société québécoise, générant des revenus et créant des emplois. De plus, la culture est considérée comme un pilier essentiel de l’identité et du rayonnement culturel du Québec, cruciale pour sa reconnaissance comme nation distincte. Pour répondre à ces enjeux, le Front commun demande au gouvernement de faire de la culture une véritable priorité gouvernementale avec une vision à long terme.

Un financement vivement souhaité

Cette augmentation du financement est reçue avec enthousiasme par le secteur culturel. Avec un budget accru, le CALQ pourra mieux soutenir les artistes individuels en augmentant le nombre et le montant des bourses accordées. Cela devrait améliorer significativement le taux de satisfaction des demandes de financement, qui était limité par le passé – en 2023-2024, seulement 23% des sommes demandées en bourses individuelles ont été attribuées. Grâce à l’augmentation, un plus grand nombre d’artistes pourront se concentrer sur leur création sans être entravés par des difficultés financières.

‘Grâce à l’augmentation, davantage d’artistes pourront se consacrer à leur création sans être entravés par des contraintes financières.’

Le renforcement des organismes culturels est un autre avantage majeur de cette augmentation. Le nouveau financement permettra de soutenir davantage d’organismes et d’augmenter les subventions existantes. En 2024-2025, 245 organismes sur 446 soutenus ont obtenu une hausse moyenne de 12% de leur subvention de base. La stabilité financière accrue a ainsi permis aux organismes de mieux planifier leurs activités et leurs projets à long terme, favorisant une gestion plus efficace et une programmation plus riche. De plus, 42 nouveaux organismes ont accédé à un soutien récurrent, leur offrant une meilleure prévisibilité financière.

Cette augmentation du financement du CALQ aura plusieurs effets positifs sur le secteur culturel québécois. Elle stimulera la création et l’innovation en soutenant davantage la recherche et l’expérimentation artistique, ainsi que la production d’œuvres nouvelles. Cela contribuera à dynamiser la scène culturelle québécoise, en favorisant un rayonnement renforcé tant au niveau régional qu’international.

Dans son ensemble, ce financement vise à renforcer le secteur artistique et à offrir une expérience culturelle plus riche et plus diversifiée au public québécois. En enrichissant l’écosystème culturel, elle contribuera à promouvoir la fierté et l’identité culturelle du Québec. En outre, cette stratégie vise à améliorer l’accessibilité culturelle. Une partie du financement sera consacrée à soutenir la diffusion des spectacles et à encourager le retour du public en salles. Cela permettra de diversifier l’offre culturelle et de rendre les arts plus accessibles à un large public.

Contexte de déficit budgétaire record

Cependant, cette décision ne fait pas l’unanimité. Des critiques s’élèvent, questionnant la pertinence d’augmenter les dépenses dans le secteur culturel face à un déficit aussi important. Certains argumentent que dans un contexte économique incertain, le gouvernement devrait prioriser la réduction du déficit plutôt que d’augmenter les dépenses dans certains secteurs. Ces voix soulignent que le gouvernement s’est engagé à retourner à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030, et s’interrogent sur la compatibilité de cet objectif avec l’augmentation significative du financement du CALQ.

‘Ce financement stimulera la création et l’innovation en soutenant davantage l’expérimentation et la recherche artistique…’

La controverse met en lumière le défi constant auquel font face les gouvernements : équilibrer les besoins immédiats de secteurs spécifiques avec les objectifs budgétaires à long terme. Le secteur culturel argue que l’investissement dans les arts n’est pas seulement une dépense, mais un investissement dans l’identité et le rayonnement du Québec, ainsi qu’un moteur économique important. De l’autre côté, les critiques soulignent la nécessité de maintenir une discipline budgétaire stricte en période de déficit.

Cette controverse s’inscrit dans un débat plus large sur le rôle de la culture dans la société et l’économie québécoise. Elle soulève des questions importantes sur la valeur accordée aux arts et à la culture dans les politiques publiques, ainsi que sur la manière dont les gouvernements devraient gérer les finances publiques en période de déficit. Alors que le débat se poursuit, il est clair que cette décision aura des répercussions significatives tant sur le secteur culturel que sur la trajectoire budgétaire du Québec dans les années à venir.

Image d’entête : Maryse BoyceButton Sign up to newsletter – WestmountMag.ca

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Andrew Burlone, co-publisher – WestmountMagazine.ca

Andrew Burlone, co-créateur de WestmountMag.ca, a débuté son parcours médiatique au magazine NOUS. Par la suite, il a lancé Visionnaires, une boite de création. Passionné d’histoire et de politique, Andrew s’intéresse également aux arts visuels et à l’architecture.



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