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Isabelle Huppert dans Elle :
tout simplement amorale

Un film qui met en vedette une déesse du cinéma français

Par Luc Archambault

Paul Verhoeven, le réalisateur du film Elle, n’est pas étranger au scandale. Il a précédemment réalisé entre autres Robocop (1987), Basic Instinct (1992), Showgirls (1995) et Starship Troopers (1997). Pour ce nouveau film, il adapte le roman Oh ! de Philippe Djian (qui s’inscrit en tant que coscénariste), l’histoire sordide d’une professionnelle des jeux vidéos, jouée par Isabelle Huppert, qui sera violée par un assaillant inconnu. Elle réagira stoïquement au viol, demeurant toujours aussi impitoyable avec ses ami(e)s, ses subalternes, son fils et son ex-mari.

Paul Verhoeven a toujours privilégié, dans ses films, montrer le caractère impitoyable, dur et déterminé chez ses personnages principaux, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.

Ayant préalablement tenté de tourner cette histoire aux USA, Verhoeven a dû tirer les conclusions qui s’imposaient : aucune actrice américaine n’acceptait de jouer pareil rôle, à cause de son caractère immoral. Il s’est alors tourné vers Isabelle Huppert, une comédienne française de renom, qui a accepté d’emblée. Il a ensuite décidé de filmer cette histoire en français, et à Paris, dans l’environnement d’origine de l’histoire telle qu’imaginée par Philippe Djian.

Elle movie WestmountMag.ca

Le choix d’Isabelle Huppert ne surprend guère. Pour ceux qui possèdent une culture cinématographique ne serait-ce que primaire, ils se rappelleront qu’elle fut la protagoniste du film de Michael Hanneke, La Pianiste (2001), dans lequel elle joue une perverse professeure de piano qui vit avec sa mère, toute aussi dérangée. Les yeux de glace de madame Huppert, son gestuel méchanique, sa voix aux allures de corneille étaient parfaits pour ce rôle. Mais fut-elle choisie avec autant de justesse pour ce film-ci ?

Paul Verhoeven a toujours privilégié, dans ses films, montrer le caractère impitoyable, dur et déterminé chez ses personnages principaux, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. Sa quête semble se poursuivre, tant par le personnage de Michèle que par son choix de la reine de glace du cinéma français, Isabelle Huppert.

Elle film WestmountMag.ca

Heureusement, c’est un choix béni des dieux. Il y a autour de ce film et du rôle joué par Isabelle Huppert des rumeurs d’Oscar, même si selon moi ce rôle n’est pas aussi bien défini que celui qu’elle joua dans le film La Pianiste.

En fait, le script d’Elle comporte nombre de lacunes, dont la finale terne ne fait pas exception. Ce film ne se termine pas avec netteté, il se diffuse, comme un cola laissé à l’air libre. Bien qu’un Oscar serait justement mérité par Isabelle Huppert, il viendrait marquer non seulement ce rôle, mais surtout l’ensemble de son travail de comédienne. Mais en toute justice, si jamais elle se voit décerner l’Oscar, ce sera surtout à cause du coup de dé de Paul Verhoeven qui décida, contre toute attente, de filmer l’histoire perverse d’ une harpie avec une déesse du cinéma français et actrice de grand talent, Isabelle Huppert.

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Luc Archambault WestmountMag.ca

Luc Archambault
Écrivain et journaliste, globe-trotter invétéré, passionné de cinéma, de musique, de littérature et de danse contemporaine, il revient s’installer dans la métropole pour y poursuivre sa quête de sens au niveau artistique.

 



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